Les petits soucis digestifs sont des plaintes courantes. Du repas qui reste dans l’estomac aux ballonnements, vous cherchez à être soulagé rapidement, mais votre mal de ventre peut cacher un ensemble de troubles dont certains méritent une attention particulière.
« J’ai mangé un plat épicé et j’ai des brûlures d’estomac » ; « je me sens lourd et un peu barbouillé » ; « depuis quelque temps mon ventre est gonflé et j’ai des renvois ». Le tube digestif n’est pas toujours un long parcours tranquille pour les aliments : des écarts ou des abus alimentaires peuvent encombrer le trafic et compliquer le trajet. On englobe sous le terme de dyspepsie (digestion difficile), l’ensemble des dysfonctionnements du tube digestif qui se produisent lorsque les capacités digestives sont débordées. Repas bien arrosés, plats trop lourds, trop riches en graisses et en sucres, trop vite avalés… 
Une alimentation mal équilibrée et le stress laissent souvent des traces douloureuses sur nos estomacs et nos intestins. Seuls les troubles aigus, récents et passagers, sont pris en charge en pharmacie, à condition de bien en identifier les causes.
La constipation : n’en faites pas une maladie !
Vous vous plaignez de selles trop dures, trop rares, difficiles à expulser, et votre ventre est dur. Les causes peuvent être très nombreuses, et parfois il suffit de corriger des erreurs alimentaires pour que tout rentre dans l’ordre. La constipation bénigne et passagère est due à une diminution du volume du bol alimentaire, du fait d’une insuffisance d’hydratation des selles, ou d’une restriction alimentaire.
Votre alimentation doit comporter des fibres végétales (pain complet, fruits, légumes) qui augmentent le volume des selles et les rendent plus molles. Vous pouvez aussi avoir recours aux laxatifs, mais attention pas n’importe lesquels !
Les laxatifs de lest sont recommandés en première intention. Ils gonflent dans l’intestin au contact de l’eau, et ainsi, ils augmentent le volume fécal et la motricité intestinale.
Les laxatifs osmotiques non digestibles, hydratent les selles, alors que les laxatifs lubrifiants, à base de paraffine, les ramollissent. Les laxatifs stimulants, à base d’extraits de plantes (séné, bourdaine, aloés…), agissent directement sur la motricité intestinale. Ils sont efficaces rapidement mais ils sont irritants pour la muqueuse, et sont à l’origine de la ‘maladie des laxatifs’.Leur usage doit rester ponctuel, et à doses minimales.
Les laxatifs locaux (suppositoires à la glycérine et lavements) agissent vite mais ils doivent, eux aussi, rester une solution occasionnelle.
La diarrhée : réhydratez
La priorité est de stopper l’abondance des selles liquides avec un antidiarrhéique et ralentisseur de transit. Les antiseptiques intestinaux ont uniquement une action locale de contact. Les substances d’origine microbienne ont un effet favorable sur la croissance et l’équilibre de la flore intestinale. Les pansements intestinaux à base d’argile complètent la panoplie conseil. Les épisodes diarrhéiques aigus ou chroniques ont pour conséquence essentielle des pertes liquidiennes et d’électrolytes (sodium, potassium, magnésium).
La réhydratation se fait à l’aide de soupes, de tisanes, d’eaux minérales. Votre pharmacien vous conseillera des produits spécifiques pour les nourrissons.
Ballonnements et gaz : dégonflez en douceur
Les douleurs abdominales sont parfois associées à des ballonnements et des troubles du transit. L’augmentation de la production de gaz (aérophagie et aérocolie) est souvent liée à un dysfonctionnement de la flore bactérienne.
Les antispasmodiques calment la douleur et les crampes abdominales dues aux gaz accumulés dans les intestins (météorisme). Pour venir à bout de vos flatulences (émissions de gaz), votre pharmacien vous conseillera des médicaments contenant du charbon activé, et des pansements intestinaux à base d’argiles naturelles et de silicone qui absorbent les gaz.
Brûlures gastro-duodénales : chassez vos aigreurs
Ce sont le type et la localisation de la brûlure qui doivent vous guider pour reconnaître la cause. Une douleur survenant deux à quatre heures après les repas, calmée par l’alimentation, et indépendante de la position, signe une atteinte au niveau de l’estomac. Une brûlure brève avec remontée acide, aggravée par la position penchée ou couchée, signe un reflux gastro-oesophagien (RGO).
Explication : au niveau de l’estomac, le clapet nommé pylore, qui ordonne le passage des aliments de l’estomac au duodénum, se rebelle. Un excès alimentaire en graisses et en alcool peut provoquer la fermeture anormale du pylore. Conséquence : le bol alimentaire contenu dans l’estomac ne peut plus poursuivre son trajet, et il remonte de façon anarchique vers le pharynx et l’œsophage, provoquant des remontées acides douloureuses (régurgitations) ou des vomissements. Retour à l’envoyeur !
Quelle que soit la localisation des douleurs, les pansements gastriques et les anti-acides atténuent les brûlures grâce à leur pouvoir tampon et couvrant. Leur prise se fait au moment des douleurs, et/ou une à deux heures après les repas.
Un peu barbouillé ? Ne vous faites pas de bile
Contrairement à une idée reçue, le foie ne connaît pas la crise. Le responsable est le plus souvent un repas trop gras ou trop copieux, il s’ensuit une lenteur à digérer, une lourdeur post-prandiale (après le repas), une langue chargée, et manger trop et trop riche, les sucs digestifs et la sécrétion de bile se trouvent en quantité insuffisante pour assurer une bonne digestion, et les ennuis commencent.
Le moyen le plus radical pour vous remettre de vos excès, est de suivre une diète pendant un ou deux jours, avec au menu bouillons de légumes et aux minérales. Votre pharmacien dispose d’un large choix de produits pour vous apporter un soulagement et un (ré)confort digestif. Les cholagogues stimulent la vidange de la vésicule biliaire, alors que les cholérétiques stimulent la production de bile par le foie. Les enzymes pancréatiques contribuent à stimuler la digestion ralentie. La phytothérapie constitue une aide précieuse car elle est riche en plantes actives sur le foie (artichaut, boldo, chardon marie, chicorée, fumeterre, radis noir, romarin…).
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